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Qu'est-ce que le badwill ?

Le badwill est souvent mentionné dans le cadre d'une opération de rachat d'une entreprise par une autre. De quoi s'agit-il et comment le calculer ?

Crée le 6 oct. 2021

Que savoir sur le badwill ou écart d'acquisition ?
© Robert Kneschke
Que savoir sur le badwill ou écart d'acquisition ?

Définition du badwill

Le badwill désigne un écart d'acquisition négatif qui apparait au cours d'une opération de fusion-acquisition entre deux entreprises. Il y a badwill lorsqu'il y a un écart négatif entre la valeur d'acquisition des titres d'une entreprise et la valeur nette comptable réévaluée dans les achats d'entreprise. Cette différence correspond soit à des pertes prévisibles soit à une réelle plus-value. Le terme badwill est également employé quand la valeur d'achat est inférieure à l'actif net comptable corrigé. Dans la finance, même si le badwill implique un solde négatif, l'opération est toujours considérée comme un profit dans le compte de résultat, conformément aux normes de calcul IAS/IFRS.

Intérêt stratégique

Le badwill est classifié de profit pour l'entreprise absorbante, mais aussi pour la société acquise car il existe des intérêts stratégiques sur l'activité. En effet, l'opération de rachat par un badwill freine les ambitions expansionnistes d'un concurrent. Par la même occasion, elle permet de conquérir un nouveau marché au potentiel plus élevé. Pour cela, il faut préalablement procéder à un bilan de consolidation.

Les facteurs de l'écart d'acquisition

Le badwill, aussi appelé insuffisance de rentabilité peut s'expliquer par divers facteurs ou être motivés par diverses raisons, notamment :

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  • Les perspectives de croissance économique et l'expansion des activités ;
  • Les avantages profitables suite à l'achat de la marque/de l'enseigne ;
  • Une synergie des produits et des activités ;
  • La maitrise et la mise en place de nouveaux outils technologiques ;
  • L'acquisition d'un nouveau marché ;
  • L'objectif commun de devancer la concurrence etc.

Comment mesurer le badwill ?

La première étape pour comptabiliser le badwill est de mesurer les écarts des premières consolidations. Ces dernières s'obtiennent par la combinaison entre l'écart d'évaluation et l'écart d'acquisition négatif. Il faut retenir qu'il est toujours nécessaire de tenir des comptes consolidés lorsqu'une entreprise a déjà pris possession d'une autre, et que ses titres sont admis sur un marché réglementé. Les comptes de consolidation sont également nécessaires si l'entreprise présente un chiffre d'affaires dépassant 48 millions d'euros, avec un bilan annuel de 24 millions d'euros et plus de 250 salariés. Voici quelques règles à prendre en compte dans la mesure du badwill :

  • Les entreprises qui admettent leurs titres sur un marché réglementé et qui possèdent d'autres entités doivent se soumettre aux normes internationales ;
  • Le badwill est considéré comme une bonne affaire qui doit être repris dans le résultat de l'entité ;
  • Selon les normes françaises, le badwill doit faire l'objet d'une provision pour risques. Celle-ci sera reprise en fonction de la durée d'amortissement ;
  • La durée d'amortissement de l'écart d'acquisition est déterminée en fonction de la durée pendant laquelle le badwill est susceptible de procurer des avantages économiques ;
  • La durée d'amortissement est limitée à 10 ans pour l'écart d'acquisition amortissable ;
  • En cas d'absence de durée d'amortissement, l'entreprise doit vérifier au moins une fois par exercice l'existence d'un indice de perte de valeur de l'écart d'acquisition. Si un indice de perte est identifié, il faut procéder à un test de dépréciation. Si la valeur de l'écart d'acquisition est inférieure à la valeur comptable, cette dernière sera reconduite à la valeur actuelle par la constatation d'une dépréciation.

Il est à noter que les amortissements ne sont pas déductibles fiscalement. Ils ne font donc pas l'objet de calcul de l'impôt différé.